Mother of Cambodia : aide dans une école au Cambodge

Me voilà donc dans le village de Tatoukanda, inconnu de tous sauf des locaux. Je me suis rendu dans ce village afin d’aider l’ONG « Mother of Cambodia » qui permet aux enfants de ce village reculé d’avoir accès à des cours d’anglais.

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Mise en situation :

Voilà 5 mois que l’ONG est née grâce à Kosorl, le jeune directeur de 22 ans de cette association. Lui qui est né et qui a vécu toute son enfance dans ce village, il a été confronté à l’isolement de son village. Il parcourait tous les jours 3 h de marche pour avoir accès à l’éducation. Fatiguant trajet, il finit par s’installer dans une pagode auprès des moines pour pouvoir étudier plus facilement. Aujourd’hui Kosorl à 22 ans, il est à l’université de Siem Reap où il étudie le commerce international et l’économie. Il nous fera part de ses idées et de ses grands projets, tel un révolutionnaire, il sait s’exprimer et parler de ses idées, bref un personnage atypique.

 

Je suis donc ici pour une semaine, accompagnée par Franck, un jeune français en école d’ingénieur qui lui restera pour 4 semaines. Nous sommes tous les deux les premiers bénévoles de cette ONG, il y a beaucoup d’attente autour de nous.

 

Kosorl nous présentera dans un premier temps à Mr Vey, professeur d’anglais de l’ONG. Habitant du village voisin, il est l’unique professeur de cette ONG. Il débarque chaque jour en vélo ou en scooter à l’école. Un personnage atypique de plus, un côté naïf, mais une vraie envie d’aider et d’apprendre. Il partagera plusieurs de nos fins de journée pour pratiquer son anglais avec nous et parler sujets divers et variés. Il nous fera aussi visiter son village magnifique au milieu de palmiers et nous présentera à ses parents qui cultive une plantation de concombre.

 

Nous serons hébergés dans la maison de la tante de Kosorl. Sa tante étant partie travailler à la ferme (c’est haute saison pour les locaux avec l’arrivée des pluies), nous aurons donc la maison rien que pour nous ainsi que sa cousine Polette et son fils. Polette est la cousine de Kosorl. Elle s’occupera de nous préparer tous les repas. Une excellente cuisinière, avec qui on rigolera de nos incompréhensions puisqu’elle ne parle pas un mot d’anglais. Toujours serviable, elle est aussi très timide, au point de refuser de se joindre à la table pour manger à nos côtés…

 

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Mode de vie :

Le village de Tatoukanda, est situé à une quarantaine de kilomètres de Siem Reap. Un village qui vie avec très peux de choses, je n’emploie pas le mot pauvre, car je trouve ce mot trop péjoratif pour cette population qui évidement n’est pas très riche, mais elle arrive à vivre avec ce qu’elle a, s’en contente et surtout est plutôt heureuse. Au vu des nombreux sourires, rires et visages de chacun, je n’ai pas ressenti de mal-être.
C’est donc un village reculé où ni l’électricité ni l’au courante n’ait approvisionné. Pour l’électricité chaque habitant à une sorte de batterie de voiture qui lui sert à allumer une ampoule ou deux, mais surtout à brancher la mini-télé portable auquel ils sont tous accros. Pour l’eau, on achètera des bouteilles d’eau potable. Pour la douche nous utilisons l’eau du puits que l’on fait remonter grâce à une pompe manuelle. L’eau est opaque, de couleur orange, ça ne fait pas rêvé, mais ça permet de se « laver » après les journées de chaleurs que l’on a eues. Cette même eau est aussi utilisée pour faire la vaisselle, lavé le linge ou toutes autres tâches ayant besoin d’eau.

 

Les maisons sont construites majoritairement en bois sur pilotis. Le dessous de la maison est aménagé en lieux de vie pour manger, se relaxer dans le hamac ou bien regarder la télé en étant au « frais »

 

Première rencontre :

Le premier jour, tel le chef du village Kosorl, fera rassembler les mamans du village pour nous présenter à la communauté, annoncer le pourquoi de notre présence nous faire intégrer au village et parler des futurs projets de l’ONG (notamment la construction d’une nouvelle école spécialement pour l’ONG).
Franck et moi-même nous sommes présentés à la communauté en Khmer après avoir pris quelques cours avec Kosorl la veille.

 

Je me ferais appeler Sysy pour leur faciliter la tâche. La prononciation de « Sylvain » est difficile pour eux. Ce sera d’autant plus facile pour eux de retenir mon surnom puisqu’en Khmer cela signifie (manger-manger). Cela donnera droit à beaucoup de rires.

 

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Déroulement de la mission :

Notre mission est d’aider Mr Vey pour ses cours d’anglais. Il est professeur de deux classes, mais une troisième ouvrira au milieu de la semaine. Les deux premiers jours, nous donnerons donc des cours aux deux classes l’après-midi (13 h-17), des cours de deux heures. Une première classe âgée de 9 à 11 ans puis la seconde de 11 à 14 ans
Puis le mercredi une nouvelle classe ouvra ses portes le matin (8 h-10) avec des enfants plus jeunes, âgés de 6 à 8 ans.

 

Notre rôle est d’aider Mr Vey à faire son cours le plus sereinement possible, permettre à tous les enfants de participer, pratiquer et garder l’attention de chaque élève.

 

Ici, les classes sont ouvertes. Les élèves des autres classes viennent régulièrement aux fenêtres ou à la porte pour regarder le cours. Certains rentrent dans la classe, pour participer, aller voir un copain, échanger un bonbon ou autre. Tout élève peut se lever et aller aux toilettes quand il le souhaite, il lui suffit de faire un petit signe des deux mains collé en direction du professeur avant de sortir.
Par contre en début de cours, tous les élèves sont en place, debout, souhaitent le bonjour et demandent comment va le professeur avant de demander la permission de s’assoir (le tout en anglais). Et en fin de cours même processus, demande de permission de sortir du cours et de dire au revoir.

 

 

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Mr Vey s’appuie essentiellement sur un livre pour faire ses cours. Il leur apprend du vocabulaire sur différents sujets, mais aussi quelques expression ou phrase toute faite pour pouvoir parler un petit peu. On sera donc content de pouvoir leur faire réviser ces phrases pour avoir un petit échange de parole même si ce n’est pas grand-chose. Pour le vocabulaire, on sera surtout utile pour la prononciation de mot (Mr Vey n’a pas un anglais très développé et sa prononciation est celle d’un Asiatique). Bien que nous ayons un anglais loin d’être parfait et un French accent nous lui serons tout de même d’une grande aide.
Pour la nouvelle classe, on commence par leur apprendre l’alphabet. Eh oui le Khmer utilise son propre alphabet fait de 44 signes. On leur apprend donc à écrire et à prononcer chaque lettre.

 

Les enfants sont tous à l’écoute, certain vont plus vite ou sont plus assidu que d’autres. La plupart d’entre eux n’hésitent pas à nous demander de les aider à prononcer un mot difficile ou d’on ils ne se souviennent pas.
Les enfants sont aussi très friands des bonbons, ils nous en offriront de temps en temps avec un grand sourire comme toujours. Les filles nous feront des petits dessins ou nous écrirons un petit mot.

 

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Entre chaque heure de cours, les élèves ont droit à 15 minutes de récréation. Nous aurons la tâche de proposer chaque jour un jeu aux enfants. Nous serons heureux de partager ces moments-là avec eux, des moments de rire, de joie, de partage. Je proposerais donc le jeu du béret (2 équipes, chacun à un numéro, le numéro appeler doit aller chercher le béret placé entre les deux équipes), le jeu de la bombe (en ronde, on se fait des passes avec un ballon, on compte jusqu’à 20, celui qui a le ballon en main à 20 est éliminé), et pour finir le fameux 1,2, 3 soleil qui est surement le préféré de tous. Des jeux qu’ils ne connaissent pas.
Leurs jeux de récré habituelle sont le ballon pour les garçons, la corde à sauter pour les filles, mais surtout plein de jeux dans lesquelles ils mettent en jeu des élastiques. Exemple : On fait 4 cases dans la terre, d’un coté les parieurs, de l’autre les lanceurs. Les premiers parient sur l’une des cases, si le lanceur atteint la case avec son élastique, le parieur gagne l’élastique. Bref plein de jeux différents avec le but de gagner des élastiques. Nous on avait les billes ou les pogs, eux ils ont les élastiques.

 

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Fin de mission :

Le samedi les enfants n’ont pas cour d’anglais, mais seulement cours du gouvernement. Nous irons donc à l’école pendant leur temps de pause pour que je fasse mes au revoir aux enfants, que Kosorl fasse un petit discoure et demande à chacun le monde de me dire un mot de remerciement avant que je fasse mon propre discoure et qu’il me remette un diplôme symbolique de ma semaine passée parmi eux. Nous finirons par un 1, 2, 3 soleil avec tous les enfants de l’école.

 

 

Bilan :

Ce fut une expérience incroyable. De belles rencontres, un nombre de sourires incalculable et un sentiment d’avoir mis mon aide à contribution.
Avant mon départ de France, j’avais envie de vivre une expérience comme celle-ci et je suis plus que ravi d’avoir eu l’occasion de la vivre. J’ai passé une belle semaine dans un environnement insolite et magnifique. Et puis c’est aussi une part d’aboutissement dans le sens où l’un des buts premiers de mon voyage était d’apprendre l’anglais, c’est finalement moi qui l’apprends aux autres (bien que ce ne soit pas un anglais relevé évidemment).

 

En Bref, je ressors de cette expérience, heureuse et près à reprendre la route de mon voyage

 

 

 

Publié dans Carnet de voyage

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